Majestés et autres récits

Illustration de couverture par Sophie Grandval

102 pages
Prix : 14,00 €
ISBN : 978-2-85792-227-8


Le Livre

          “Les mots ont été ma pauvreté. J'étais fasciné, humilié par ceux qui usaient de mots savants, rares, littéraires, de mots qui vous distinguent, des mots que je n'avais pas, qui ne seraient jamais les miens. Des mots qui m'échappaient. Je me taisais, j'écoutais et lorsqu'il me fallait parler, j'avais l'impression de n'êÉtre vêÉtu que de haillons. Aujourd'hui, je me sens riche, riche de mes mots et fort ; ce sont les mÉêmes qu'avant, ordinaires, mots de tous les jours, de tout le monde mais ceux-là sont un pain quotidien, un bien commun sur les lèĆvres, sur les langues, tirant leur force d'êÉtre dits et redits, partagés, leur joie d'êÉtre sans cesse employés, au travail. Hosties du sens s'ils n'étaient aussi notre mal commun. Les mots de la cruauté, nous les savons tous.”
                                                                                                                                                         E.G.


Extraits d'articles :
   
   En Majestés, la farouche nature est compagne de tout instant – montagnes, source d’eau rouge et gla­ cée, ruisseaux, crêtes, vagues de l’océan, feuilles mortes, neiges à perte de vue – les gens se taisent s’ils n’ont rien à se dire ; l’hirondelle s’envole et ne reviendra plus ; l’enfance déroule sa pelote, éternelement grave et légère.
   On va d’un pas tranquille et sûr vers « ces lointains à l’apparence d’infinis, rivages perdus, révélant leur présence et gardant leurs secrets ».
   La rencontre de l’écrivain et du lecteur se situe sans doute dans l’indicible de l’intime, de l’essentiel, et c’est toute la puissance de ce beau livre.      Car « la mort, un jour ou l’autre, chacun l’a touchée ». 

                                                                Extrait de l’article de Laurence Coupérier in La Montagne du vendredi 6 mai 2016

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« Ce texte magnifique, oscillant entre autobiographie, récit et poésie, témoigne de l’amour inconditionnel de son auteur pour la langue française."

                                                                Emmanuel Thérond InfoMag du 29/04/2016

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   Joli ouvrage, dès la couverture où « La chouette est de retour », peinture de Sophie Grandval, regarde en face le lecteur qui s’apprête à entrer dans le livre et parcourir les chemins secrets de l’Auvergne en suivant pas à pas le narrateur au cours de ses pérégrinations en prose marquée d’une vivante poésie.
   Un livre aussitôt saisissant, autant par son écriture poétique que par sa manière directe de faire entendre les vraies questions. mais n’est-ce pas le propre de la vraie poésie, contrairement aux apparences, de dire plus directement ? De trouver le juste derrière l’apparent pour faire deviner l’indicible. « La vérité n’éclate pas au grand jour, elle est notre nuit. C’est pourquoi nous avons peur d’elle. » Et tout au long de ce parcours François Graveline cherche et découvre la matière vraie. Majesté qui s’ouvre sur la rencontre en nous de l’éternel principe féminin. Force discrète et omniprésente des Vierges Noires dans les églises d’Auvergne, jusqu’à reconnaître en soi cette vérité venue du plus profond du mystère. Jusqu’au bout ce sens de la présence derrière l’apparence sombre ou dans le mouvement secret de la nature surpris au détour du chemin. « Que pourrait-on oublier sinon le féminin du sacré. Sans lui, nous restons infirmes. »
   Une réflexion excitante et un chemin clairement tracé vers l’essentiel. « Le mal noir relâche son emprise. Il va, le rythme de la marche a changé, c’est celui d’un naturaliste, héritier en ligne directe du pas du chasseur-cueilleur. Nul but à atteindre, que des choses à découvrir. » On découvre avec bonheur.
 
                                                                  Jean-Pierre Farines (revue de poésie Arpa, n° 117)